Putain je chiale, une seconde à ma place. Mais juste un instant, un court instant dans ma vie. Trois mots, peut-être un peu plus, une vieille rengaine, un bon fond. Mais putain
je chiale encore, bloqué comme un minable geek devant son écran. Article d'auto-flagellation, j'ai le droit ça ne m'arrive pas souvent. Alors ta gueule d'avance. Tout est hostile, je n'entends
personne. Je prétends pouvoir être quelqu'un, pour d'autres, pour moi. Mais je ne suis réellement rien qu'un vieux machin qui voudrait bien ... Mais qui ose pas, qui peut pas, un truc moche je vous
dis. Et je prétends aimer les autres. Comment je peux ? Comment je peux aider, aimer, vivre, si moi je ne me supporte pas ?
Et dire que des gens que je connais vont passer là-dessus ...
Me voilà désespéré au point de ne même pas savoir m'exprimer et dire aux gens ce que je ressens, ce que je peux ressentir. Même pas à moi, j'en suis réduit à passer par
l'interface la plus stupide et minable qui soit, celle des blogs, celle d'internet.
Les jours sont trop lisses, j'ai rien fait. Absolument rien. Là au moins je l'aurais atteint, cette putain de perfection, cette putain de perfection que je n'arrive pas à
atteindre. cette putain de perfection que je hais, je me hais. Juste la perfection du rien, juste retourner aux bonnes vieilles habitudes. Revenir à l'avant, quand je me retournais la gueule à coup
de porte, les bras à coup de cutter. Me taper la tête contre un mur. Ben non, j'ai pas envie. J'attends depuis vraiment trop longtemps.
Je veux la perfection des mots, de la vie, de l'amour, des gens, de l'or, de la musique, des visions, du cinéma, de la photo, de l'image, mes images, de toi, demoi. De MOI. Et je
ne tiens pas le choc. Je n'arrive pas à porter ce putain de poids sur mes tristes épaules.
J'y arrives pas. C'st pas moi, tout ça, c'est pas moi. La prépa, l'art, c'est pas moi. Où je suis ? Mais où je suis ?
J'arrives même pas à dire le mal que j'ai là à l'estomac, ce truc, cette boule, ça me bouffe et toi aussi tu me tues papa, tu me tues. A tout petit feu, mais tu m'assassines
papa. Déjà huit ans, déjà huit années que tu n'es plus là et huit années que j'attends depuis trop longtemps un geste un putain de signe. Un truc. Mais tu es mort. Mort. Loin. Mort. Entre quatre
planches de bois, comme tu l'as voulu, comme tu l'as toujours crié, comme tu l'as provoqué. Comme une vieille merde à trop boire à trop fumer, à jongler avec ton amie la folie, et moi je te
ressemble papa. Je ne fume pas, j'essaie de ne pas boire trop. Je jongle, bien, même trop bien, mieux que toi. Et je me reçois tout dans la gueule. Comme d'habitude depuis huit ans. Je te hais, je
t'aime, je te deteste. Je t'aime.
Je t'aime.
Mais toi non. Subtil déplacement dans l'espace, des personnes.
Et je plonge. Je plonge. Je me dévisage et m'enfuis. Je m'enfuis, de retour dans ma cage. Je ne fais que m'enfuir, et je plonge, je coule. J'avale, plus rien ne s'échappe.
Plus rien ne s'échappe, je crois qu'il est temps de cesser cet espace de vie.
[i][edit 14 avril] : Non. Finalement non. Il n'est plus question d'arrêter ce morceau d'internet. Au fond du trrou je compte remonter.[/i]